Georgie

 

J’entre en Géorgie sous la pluie.

Le poste de frontière turque est plutôt vétuste. A coté, le poste géorgien est rutilant, à l’ inverse du reste du pays.

Au premier coup d’oeil, tout tombe en ruine, les routes, les batiments des villes et villages, les installations électriques …

Akhatsike et sa forteresse. Je trouve un  » gand hotel » délabré de l’ère soviétique. Délabré mais adapté aux grandes personnes. Beaucoup de sauts de tension sur le réseau électrique.

Est-ce les poteaux qui maintiennent les câbles ou l’inverse ?

Une envie irrépressible me prend, et dans un jardin je me délecte comme beaucoup de géorgiens d’une bonne bière (en public cette fois), accompagnée de chips au bacon.

Les géorgiens, dont beaucoup ont l’air un peu désoeuvrés sont très portés sur la bouteille. Les bières dès le matin,  démarches ébrieuses, auxquelles la mienne ressemble apres un longue journée passe sur la selle de velo.

Beaucoup de châteaux et monastères en Georgie.

Les géorgiens sont très sympathiques et leur accueil est fidèle à sa réputation.

Depuis Akhalsikhe, 2 options:

- descendre la vallée en passant par la station thermale de Borjomi, puis Gori et relier en 2 jours Tbilissi,

- option plus à la Mike Horn: passer par le Petit Caucase (Djavakhetie) en 3 ou 4 jours. Quelques extraits du Petit Futé de cette région:  » sous développée, routes délabrées, conflit georgiens-arméniens, déconseillé aux voyageurs, absolument pas une destination touristique, serpents rouges « sauteurs », …. »

Em homme raisonnable, j’ai choisi …… la deuxième option !

Etape Akhaltsikhe – Akhalkalaki

Toute la journée, sur une bonne route, je remonte à côté de la rivière la vallee encaissée de la Khoura sur 70 km et 1000 m de denivelée. Je passe par la belle forteresse de Khervesi.

enfin du recyclage !

Arrivée à Akhalkalaki, je débouche sur un plateau à 1800 m et la vue est superbe sur des sommets à 3000m. 2 rues goudronnées et le reste en terre. Les tuyaux du réseau de gaz sont a l’air libre (risque sismique, ou plus facile à construire ?). Les 8 mots de géorgien que j’ai appris ne me sont d’aucune utilité avec les arméniens.

Etape Akhalkalaki – Tsalka

Route défoncée, mais belle jusque Ninotsminda, suis frôlé par beaucoup de camions de chantiers au debut. Après, la route est refaite !

La vue sur les hauts plateaux est superbe. Une vieille voie ferrée laissée à l’abandon longe ma route (pour relier anciennement la grande base militaire russe d’Akhalkalaki). Les lacs d’altitude et les montagnes sont grandioses et pas de nuage menaçant désormais.

Dans un village, cette fois-ci, je tombe sur des grecs, qui ne parlent que le grec ! Ici, c’est l’élevage de veau qui prime (mais aucune vache, bizarre; génération spontanée ?)

Pause à Tsalka et ses alcooliques. Je tente d’aller voir un monastère, mais je fais demi-tour après 4 km d’une route impraticable.

Tsalka – Tbilissi

Les grandes étendues blanches dans les vertes collines sont…. des moutons.

Toujours une bonne et très belle route. Pause déjeuner à côté d’une fontaine et de cochons semi-sauvages. Je perds 1400 de dénivelée ce jour et la chaleur apparait.

Peu avant Tbilissi je débouche sur une grande route où il n’y a aucune bordure pour rouler, et les voitures commencent à bien me frôler. Je fais du stop, et une Mashrutka  (mini bus local) me prends. Le vélo est mis au milieu des voyageurs, et nous rigolons bien avec les passagers et le conducteur. Vu le traffic à l’entrée de la ville, c’était une bonne option. Cela dit, la conduite du chauffeur est très audacieuse, et il n’hésite pas à klaxonner les voitures de policier pour leur prendre la priorité !!

Le roi de la route, c’est lui:

Arrivée à Tbilissi

Premier backpacker’s hotel, on me parle russe, mais il n’y a pas de place.

Deuxième: super accueil au dodo homestay, en rez de chaussé avec un belle cour ombragée tranquille. Dodo est une hôtesse âgée qui rend de multiples services et cherche à vous rendre le sejour le plus agréable possible. Elle règne sympathiquement sur ce lieu et il flotte une atmosphère à la Barbary Lane au 88 Marjanishivli. Les cafés  façon géorgienne sont délicieux.

Et hop, 2 jours de repos ici avant de repartir. Visite de la ville. Soirées bières avec d’autres voyageurs.

la reine Tamar

Entretien du vélo: en voulant changer la chaine, je casse mon dérive-chaine ! Et aucun vélo dans cette ville (trop dangereux ! et beaucoup de rues pavées). Dur de trouver un bike shop. Heureusement,  Dodo est la pour m’indiquer un réparateur, et me redige un mot en géorgien pour lui, afin de me fournir un dérive chaîne. Le réparateur, Thomas, me dit de repasser à 5 heures pour m’en vendre un neuf qu’il fait venir d’un magasin (il veut me prêter le sien, mais j’ai besoin de cet outil en cas de pepin).

A 5 heure, je recupère le derive chaine et nous réussissons en même temps à changer une vis dont j’ai foiré la tête hexagonale. Nous parlons un peu, avec les cyclistes du vélodrome. Thomas est d’origine polonaise, et quand il voit mon nom de famille, c’est  une grande discussion qui commence, arrosée de vin de sa production, issue de la vigne située juste au-dessus de son atelier de réparation.

Le poid de ma liberté: l’addition faite par Thomas:

 

Etape Tbilissi – Sighnaghi

Départ à 6h30 ce matin pour éviter un traffic chargé.

Pause a 11 h avec des routiers sympathiques, dans une pinède. Ils tournent au « jaja », vodka locale, dans la bouteille de bière, qu’il vont remplir au supermarché tout proche. Grace au vélo,  j’echappe aux tournées de jaja… Des toasts à la France, à la Géorgie, à l’Europe, ……

Près de la route du Monastère de David Garedja, je croise un carcasse  d’un de ces fameux serpents rouges sauteurs, 1,50 mètre de long tout de même. Sieston traditionnel à l’ombre car la chaleur se fait sentir.

Sur la route une dame s’arrête pur me recommander son homestay à Sighnaghi.

Ce cyclo-cantonnier  a appris une dizaine de langues grâce aux livres. Son niveau de français est surprenant !!

quel volume de chargement, compare a Sultan !

L’arrivée au-dessus du promontoire de Sighnaghi est superbe. Je me pose au homestay de Nato et Lado à 20h. Ils m’offrent le repas.

Je passe ma meilleure soirée géorgienne avec eux, leur fille Kito et une nièce. La soirée est rythmée par la belle voix de Kito (9 ans) qui joue du Pandori ( instrument à 3 cordes avec frettes), et les chansons de Lado, son père guitariste.

Les chansons accompagnant cet article sont issues de cette soirée

et …..

de nombreux toasts de leur vin blanc issus de leur vigne. Ici, décliner un toast est tout un art. Nous portons des toasts à notre rencontre, aux voyageurs, aux géorgiens, à l’amitié, aux parents, aux personnes âgées, à la vie, aux enfants, à l’avenir, au présent, aux soldats décédés, à vous, famille et amis de voyageurs,  à la paix, …….

Après 90 km, 20 toasts, et 2 litres de vin, je me couche a 2h et programme une journée de repos du foie le lendemain. Visite de la ville, du monastère de Nino Tsminda, … (il y a tellement de monastères, ici, qu’il faut bien que je fasse le bidochon une fois au moins).

Lever à 4 h pour profiter de la fraîcheur. Bonne route. Et je tente le passage de la frontière  pour l’Azerbaidjan.

A l’heure où je publie cet article, je suis arrivé à Baku en Azerbaidjan (ce sera un prochain article).

Côte pratique: à faire en azeri ou en russe:

- si je peux avoir un visa iranien, je suis assez tente de passer par le sud de la me Caspienne. Sinon je rame pour trouver une place pour un bateau pour le Kazakhstan.

-réparer le jeu que j’ai sur l’axe du pédalier, et retaper un peu le vélo,

- réparer/trouver un nouveau ukulele. Si vous arrivez a trouver des adresses de magasin de ukulele ou guitare, envoyez-moi un mail, car avec le navigateur en russe, j’ai du mal. Comme d’habitude, je choisi la « solution globale » à savoir, quelqu’un qui se réfère à un deuxième, puis à un troisième, etc, et ça marche bien jusqu’ici.

Sinon visite, rencontres, prendre le temps pour ne pas le perdre, fuir la chaleur devenue étouffante..

 

PS:  J’espere que ceux et elles qui regardent mon blog depuis le boulot ont apprecié la dédicace musicale ! ( et j’espère que vous vous êtes fait levés par vos collègues !). Grosse pensée à vous, les travailleurs.

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Une réponse à Georgie

  1. Chris dit :

    ça à l’air pas mal la Georgie, ça donne envie en tout cas. Tu commences à avoir la mine du voyageur, barbe de trois jours, léger hale, visage émacié, cheveux en bataille… On aperçoit le vaste interne de la cuisse qui se dessine, ça c’est pour le look du cycliste…
    Avec Oliv’, on se disait que tu allais être sacrément en avance et qu’effectivement l’option sud de la caspienne par l’Iran semblait être la meilleure solution. On a regardé des photos sur google, ça a l’air en plus assez verdoyant et tu as le volcan Damavand sur la route, à 5600m, qui peut offrir un objectif distrayant…
    Bon sinon, ici rien de neuf, le soleil est enfin revenu, je bosse sur ma terrasse, je fais du béton et je bois des bières. Aucun entrainement pour le moment et je ne pense pas avoir le temps d’en réaliser. Ma foi, on verra bien…
    Bonne route

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